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Nice-Matin
Actualité Sports
lundi 30 juillet 2007

L'OGC Nice en questions

A cinq jours de la reprise du championnat, le Gym marche à l’ombre, en traînant son sac de problèmes. Pas de Grand Stade, peu d’argent, des départs fâcheux, des rancœurs tenaces, la rumeur d’une vente, une plainte comme une plaie : bref, y’a des soucis dans l’air.
Pas de quoi être voûté comme un point d’interrogation. Mais de quoi se poser des questions.

Pourquoi l’OGCN ne grandit plus ?

Une grande partie de la réponse est simple comme bonjour. A cause du stade. Ce Grand Stade que les Niçois attendent depuis des années. « On perd 15 millions d’euros par an. Comptez. Recomptez... Sur les six dernières années, on a vu s’envoler 90 millions d’euros. On aurait un autre club et une autre équipe. Il est là le vrai problème de l’OGCN ! », explique Maurice Cohen.
Et ce problème ne date pas d’hier. En mai 2001, alors que Waldemar Kita tentait de racheter le club à Francesco Sensi, le maire Jacques Peyrat déclarait : « Le Gym en D1 ou pas, le stade se fera. »
Six ans plus tard, on est toujours au stade du projet.
A croire que construire un stade de foot à Nice est du domaine de l’impossible. Pendant ce temps, le Conservatoire de Musique s’est fait sans une fausse note.Aujourd’hui, le Grand Stade est revenu à la case départ. Peut-être faudra-t-il attendre les élections municipales, en mars 2008, pour voir les choses et la terre de Saint-Isidore bouger.
Il faut dire que les relations (ou plutôt l’absence de relation) entre le maire de Nice et l’actionnaire majoritaire du Gym ne facilitent pas le dossier.Jacques Peyrat et Gilbert Stellardo ne peuvent plus se voir. Alors, ils ne se voient plus.
En attendant, Maurice Cohen et les siens ont l’impression d’être abandonnés et ils regardent des villes comme Lille, Le Mans ou Valenciennes monter leur stade en sifflotant.
« On s’éloigne chaque jour du très haut niveau. Sans Grand Stade, le club va mourir à petit feu », affirme le président niçois qui travaille au coup par coup quand un club de L1 se gère sur le long terme.
Sans stade, Nice a une équipe mais pas d’avenir. En faisant ses valises pour la Bretagne, Rod Fanni a pointé « l’absence de perspectives du Gym par rapport à un club comme Rennes. »
Bref, l’OGCN ressemble à un trompe l’œil. Derrière l’équipe, le club est en carton-pâte.« Les joueurs évoluent. Le club, non. On n’arrive plus à suivre », déplore encore Maurice Cohen.
La preuve : à Lorient, Vahirua va toucher deux fois ce qu’il percevait à Nice. Et Lorient, ce n’est pas le Real Madrid...

Comment se monte le budget ?

En s’agenouillant devant les sacro-saints droits télés. Et en priant pour qu’ils augmentent contrat après contrat. Merci Canal Plus.Le budget de l’OGCN est de 25 millions d’euros.Droits télés : 16 millions.Sponsors, partenaires, produits dérivés : 4 millions.Collectivités locales (mairie, conseil général) : 2,5 millions.Billetterie : 2,2 millions.Divers : 300.000 euros.Total : 25 millions.Deux millions de moins que la saison dernière.
Au classement des budgets, Nice est 17e. Pas terrible pour la 5e ville de France.Sans oublier le déficit (2006-2007) de 2 millions d’euros que le club va traîner comme un ‘’petit’’ boulet.
Une remarque : mieux vaut éviter de descendre en L2. Parce qu’il faudra alors faire sans la manne des droits télés. C’est-à-dire avec un budget bien maigrelet...Bref, aujourd’hui, Nice est un nain à côté de Rennes, Toulouse, Lille, Saint-Etienne ou Sochaux.Les temps changent...Et le miracle permanent n’existe pas. Même à Lourdes.

Les actionnaires veulent-ils partir ?

Il paraît que non. Sauf si un investisseur aux reins solides sort le carnet de chèques. Ce qui revient à dire oui.
Le club rêve de faire rentrer un gros actionnaire. Histoire de monter d’un étage. Mais personne ne se presse devant l’ascenseur.Sans stade, pas de perspectives. Sans perspectives, pas de candidat.Un coup d’œil sur la balance (achats-ventes) permet de comprendre très vite que les actionnaires ne souhaitent plus injecter d’argent.Ils semblent las et lassés.
Les ventes (Fanni, Vahirua, Varrault, Bellion) ont rapporté 6,5 millions d’euros. Avec 3,5 millions, Rod Fanni – que l’on risque de regretter – est d’ailleurs la plus grosse vente de l’histoire du club.
Les achats (Bamogo, Hellebuyck) ont coûté un peu plus de 3 millions. Grâce à cette balance positive, les dirigeants ont pu augmenter la masse salariale de 20 %. Lloris, Diakité et Apam ont ainsi pu être conservés et augmentés.On ne garde pas les joueurs avec de belles paroles.
Une dernière chose ?
La rumeur de la vente du club court actuellement dans la ville. Un ex-président de grandes entreprises internationales et françaises (mandaté par un groupe ‘’made in France’’ ou peut-être un fonds de pension à l’accent suisse) s’intéresserait fortement au Gym.
Les actionnaires seraient prêts à partir contre un chèque de 20 millions d’euros. Le tout au conditionnel, comme d’habitude.Maurice Cohen assure n’être au courant de rien.Gilbert Stellardo et Marcel Governatori (qui à eux deux réunissent 62 % des parts) en savent sûrement plus.
Mais aujourd’hui, personne n’a demandé à voir les comptes et les contrats. Le dernier audit a été réclamé par... Franck Giudicelli dont la plainte contre X (lire Maurice Xohen...) est, par ailleurs, instruite par le Parquet.
On comprend donc que les actionnaires principaux (sans être sur le pas de la porte) souhaiteraient bien passer la main.
Reste à connaître la position de Franck Giudicelli qui, ces derniers temps, n’était pas chaud pour vendre. Plutôt bouillant pour acheter.Seul problème, il n’est plus du tout sur la même longueur d’ondes que Gilbert Stellardo.
Et perdre cette fréquence, c’est ne plus rien entendre des choses du club. Même si à Nice, tout peut arriver. Surtout le pire.

La guerre SASP-Association est-elle finie ?

En apparence. Mais entre la SASP et l’Association, l’union est une façade. Derrière, il y a des années de haine, de rancœurs, de règlements de compte, d’aigreurs, de coups bas, de plaintes, de pics et de critiques.
« Il faut que tout le monde oublie les divergences pour travailler en harmonie plutôt que de se tirer dans les pattes. Sans ça, on n’y arrivera pas », souffle Frédéric Antonetti qui connaît bien le contexte.
On ne croit pas une seconde en une union sacrée. On penche plutôt pour une paix armée. Avec des mines disposées ici et là.
A Nice, il y a deux clubs. Les pros et les amateurs. Un frein de plus pour les investisseurs potentiels.Les guéguerres entre clans niçois ont encore de vilains jours devant eux.

Que peut viser le Gym ?

Un club qui dispose du 17e budget de Ligue 1 vise rarement la Ligue des champions. Sauf si son président avale une boite de Prosac tous les matins. Ce n’est pas le cas de Maurice Cohen.Nice jouera le maintien. Plus si affinités.
Les Niçois sortent d’une saison de galère où rien ne leur a été épargné.Espérons que l’histoire évite de bégayer.« Nous sommes plus solides que l’an passé », avance Roger Ricort. « Plus complets », ajoute Maurice Cohen. « J’ai plus de solutions », sourit Frédéric Antonetti.
Les décideurs et l’entraîneur jugent le recrutement judicieux et cohérent. « Hognon vient de Saint-Etienne, Hellebuyck du PSG, Bamogo de Marseille et Barul de Lens. Ce sont des joueurs de L1. Nous n’avons pas pris des quatrièmes couteaux. Et ce n’est pas par plaisir que nous avons vendu un joueur comme Fanni », assure Roger Ricort. « La saison dernière, nous devions tout casser. On a failli exploser. Cette fois, nous sommes modestes. Et ambitieux », dit encore le directeur sportif.
Frédéric Antonetti ne tire pas de bons plans sur la comète. Il n’est pas homme à être dans la lune. Il n’annonce pas d’objectifs farfelus. Terre à terre, il pense seulement que son équipe en embrouillera plus d’une.
Question tactique, on n’ignore plus son faible pour le 4-3-3. « On va partir sur ce système. Mais on peut aussi opter pour un 4-4-2. ». Il a le choix. « Je n’ai pas le onze en tête. J’ai 13 ou 14 noms qui vont me permettre d’interchanger sans affaiblir l’équipe. Ce qui n’était pas le cas la saison dernière. »Reste la vérité du terrain.
Celle qui répond à pas mal de questions.
Mais le foot niçois ne se joue pas seulement le samedi de 20 heures à 21 h 45.Sinon, le Gym restera une équipe là où il lui faudrait être un club. Un vrai.
Philippe Camps
Nice-Matin
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