Les handballeurs ont offert hier à la France sa 7e médaille d'or pékinoise. Et le hand tricolore s'est adjugé son premier titre olympique, le seul qui manquait à son palmarès. : Photo AFP Stefansson pourra se replonger dans la lecture de Sartre et des existentialistes français. L'existence précède l'essence... Cet érudit islandais et non moins excellentissime handballeur ne pouvait être que d'argent hier. Et en toute logique, selon Descartes cette fois-ci, les Français seraient d'or... parce qu'ils avaient raison. Celle du plus fort. Celle qui dit, j'agis donc je suis. Avec méthode.
Celle qui a consisté à maîtriser les matchs de poule pour un quart qui donnait droit à la revanche face aux Russes. Qui pouvait faire oublier Sydney et Athènes.
Ils ne survolaient pas la steppe mais contournaient les difficultés, perchées en l'occurrence à deux mètres de haut.
« L'approche de ce match contre la Russie a été terrible dans la pression et la peur de revivre le drame. Le match a été énorme et comme il a été réussi, ça a propulsé l'équipe », expliquait Onesta.
Propulsée donc vers une demi-finale face à son meilleur ennemi. La Croatie de Balic, capable du meilleur, souvent coupable du pire dans sa capacité à faire déjouer les Français. Effectivement, les Bleus souffraient mais s'arcqueboutaient. De cette résistance venait le salut. Portes grandes ouvertes sur le titre olympique.
Sans offense pour les Islandais. Pour Stefansson, recordman de buts, qui allait trouver quelques brèches dans la muraille tricolore avant de s'éteindre doucement au quart d'heure de jeu.
Les Bleus ne laissaient aucun espace à l'exploit. Les intervalles n'étaient qu'illusion. La supériorité d'Omeyer une réalité.
Le gardien français, en multipliant les arrêts, donnait les clés de la victoire.
« On s'était promis de les faire souffrir pour qu'ils redescendent du nuage sur lequel ils étaient depuis le début de la compétition. Ça s'est fait assez vite », commentait le sélectionneur.
Sacrifice
Par une défense qui avait déjà fait ses preuves et qui, autour de Dinart, faisait démonstration de force. Par des artificiers concentrés.
Et parce qu'il y a autant de respect à tenter un kung-fu face aux Croates qu'il y en a à ne pas le faire face à des Islandais dépassés, les Français jouaient sans extravagances, sans mise en danger.
Proprement, sereinement, transformant cette finale olympique en devoir après en avoir acquis le droit.
Et durant quarante minutes qui ne souffraient d'aucune incertitude, ils déroulaient leur supériorité. Pour entrer dans l'histoire. Pour mettre un point à celle débutée en 92 par les Barjots à Barcelone, gâchée à Atlanta, vendangée à Sydney et Athènes. Pour tromper aussi une opinion qui pensait la victoire facile, la suprématie évidente. Et ce sera là la seule illusion.
« C'est la victoire du sacrifice », dira Olivier Giraut.
Ô combien vrai. « C'est magnifique. Ça fait trois mois qu'on est concentré sur cet objectif tous les jours, qu'on essaye de tout mettre en oeuvre pour arriver à ce titre. On savait qu'à tout instant, tout pouvait déraper. Alors quand on arrive au bout, on a la sensation de quelque chose d'exceptionnel avec une équipe exceptionnelle dans un tournoi exceptionnel. Il nous reste nos vieux jours pour en profiter et apprécier cette performance à sa juste valeur » concluera Onesta, champion olympique...
P. p.