Les locataires de la Tourache ont visité des appartements de la nouvelle résidence de La Cerisaie. Constats mitigés : la résidence leur paraît trop belle pour leurs moyens.Dure semaine pour la dizaine de locataires encore domiciliés à la Tourache.
Dans un premier temps, ils ont reçu confirmation par leur avocat de leur expulsion, prononcée par le tribunal de Grasse.
Deux jours plus tard (hier matin) ils sont « tombés de hau », pour la plupart, en allant visiter les logements que leur propose le bailleur Azur Provence Habitat. Superbes, mais trop chers pour leurs moyens.
En donnant pour date d'expulsion le mois de juin prochain, le tribunal est allé, toutefois, au-delà de la trêve hivernale qui court jusqu'à mars. En outre, les locataires récalcitrants comptent faire appel du jugement. Enfin, s'ils décident de rester dans les lieux, le bailleur devra encore avoir l'aval de la préfecture pour obtenir le concours de la force publique.
En attendant, un bus est venu prendre en charge, hier matin, les locataires au pied de la Tourache pour les conduire jusqu'aux nouvelles résidences de la Cerisaie 2.
Cette visite des lieux n'a pas été de tout repos pour des personnes âgées et vulnérables, car elle s'est déroulée dans un climat tendu.
« La direction d'Azur Provence Habitat a commencé par nous dire que, compte tenu du jugement rendu cette semaine par le tribunal, nous devions choisir notre nouvel appartement avant mercredi prochain », a rapporté une des participantes, Maïté Chambellan.
« On nous a proprement mis la pression et c'était très dur pour les personnes les plus vulnérables. »
Parmi celles-ci Élise Graziani, dont le fils pousse le fauteuil roulant : « On me montre des appartements, mais ils ne sont pas compatibles avec mes difficultés de déplacement. Le salon est trop petit pour quelqu'un qui se déplace en fauteuil. »
La Cerisaie jugée trop belle pour leurs moyens
Les finitions impressionnantes de la résidence et la qualité de fabrication, si elles ont laissé pantois les visiteurs, n'ont pas rivalisé avec la question essentielle des locataires, celle des futurs loyers.
« Bien sûr, c'est une belle résidence, mais tant qu'on n'a aucune certitude sur les loyers, on reste prudent », expliquait une jeune femme, presque émerveillée.
Peintures neuves, sols « nickel », chauffage d'eau solaire, les bâtiments ont été réalisés selon la norme de haute qualité environnementale.
« Le problème ne se pose pas en ces termes », soulève Maïté Chambellan, qui se fait la porte-parole de ceux qu'elle décrit comme « sous le seuil de pauvreté pour la plupart ».« Si leurs frais de logement augmentent, ils seront à la rue. Pour ma part, on me propose un logement deux fois plus petit pour un coût supérieur. Actuellement, je paye 410 e charges et chauffage compris pour un quatre-pièces de 78 m2. Azur Provence Habitat me propose un F2 à près de 600 e, chauffage électrique à ma charge. Une famille nombreuse qui a besoin d'un quatre ou cinq pièces a découvert que ce type-là était déjà pris. Ils sont venus pour rien. »
Les visiteurs de la Tourache sont donc repartis plutôt déçus. D'autant que la visite s'est déroulée dans un climat tendu. (Voir ci-contre.)