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Nice-Matin

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jeudi 15 mai 2008

Une cérémonie d'ouverture très rock'n'roll

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Indomptable cinéma. Alors que comme à chaque lever de rideau sur le Festival, la Croisette spécule sur la mort prochaine de cette grand-messe, dans l'agonie prétendue du septième Art, la cérémonie d'ouverture de la 61e édition, hier soir, a adressé un pied de nez aux oiseaux de mauvais augure.Le Festival n'est pas mort, la sélection, même tardive, en témoigne. Et la cérémonie d'hier s'est chargée de donner le ton. Rebelle.

Les festivaliers pariaient sur une évocation du quarantième anniversaire de Mai 68. Thierry Frémaux a préféré célébrer un autre haut fait d'arme culturel : Woodstock. La rébellion de l'Amérique culturelle, un printemps après celui de 68. Manière de manifester sa liberté. Freedom, est venu chanter (fait rare de mémoire de festivalier) Richie Havens, l'un de ceux qui avaient alors inauguré le festival hippie.

Fidèle à ses amours rebelles

Dans l'ovation du public, le président Penn esquissa un sourire que les traducteurs de ses émotions discrètes ont interprété comme une éclatante manifestation de satisfaction. Cette édition s'annonce fidèle à ses amours rebelles.

Rebelle ou inattendue. Comme l'idée a priori saugrenue qu'ont eue Gilles Jacob et Thierry Frémaux de confier à Claude Lanzmann le soin de déclarer « ouverte » ce 61e opus. À 82 ans, l'iconoclaste du patrimoine cinématographique, avec Shoah, son impérissable document de 1985, y a vu la preuve de « l'unité du cinéma dont on ne parle jamais assez ».

Mais finalement la plus grande surprise de cet appétissant lancement de Festival restera son splendide maître de cérémonie. La blogosphère prétendait que les producteurs de l'émission, Michel Denisot et Renaud Le Van Kim, s'étaient rabattus au dernier moment sur leur ami Édouard Baer. Parce que des stars du box-office au CV plus prestigieux avaient décliné le rôle. Finalement, le dandy éclectique s'est montré génial. Entre fantaisie, légèreté et juste solennité, « merci d'avoir kidnappé le grand fracas du monde au profit des humanités les plus singulières », il a synthétisé l'esprit du Festival. Comme rarement on l'avait fait avant lui.

Fred Maurice
Nice-Matin

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