Devant Auxerre, Monaco n'avait plus qu'à finaliser le travail de la plus belle des façons pour sa dernière sortie à domicile. Les deux équipes étant déjà « quasiment » sauvées, il n'y avait plus qu'à lever malgré tout cette toute légère incertitude. Une oreille collée au transistor, chaque banc a été tenue au courant en direct, et rapidement tranquillisé par les misères endurées par Lens et Toulouse et du semi-échec du PSG.
Au-delà du maintien officiel cette fois, - un nul suffisait amplement aux deux camps au départ, - c'est le résultat, cette 7e victoire à domicile qui a surtout réjoui les Monégasques, qui n'avaient plus gagné au Louis-II depuis fin janvier... Ricardo s'est félicité de la très bonne production de sa formation en seconde période « après une première très limite ».
Effectivement dès l'entrée en jeu de Menez, le retour dans l'axe de Mériem et le repositionnement défensif de Fabio Santos et Cufré, on a senti une équipe asémiste se métamorphoser. Plus alerte, plus sûre, plus inspirée et surtout réaliste ce qui s'est traduit par trois buts de fort belle facture sans en rendre aucun. Il faut remonter cinq mois en arrière pour retrouver un tel score au Louis II (3-0 face à Strasbourg) ou au 19 janvier, à l'extérieur cette fois à Metz, pour un tel écart (4-1).
À l'issue de cette 37e journée, à défaut d'atténuer tous les regrets Monaco a tout de même la satisfaction de revenir à un rang plus honorable au classement (12e). Un maigre accessit de consolation tout de même par rapport aux ambitions affichées. À 4 points de Caen et Lorient, Monaco ne peut plus monter plus haut. Faute de mieux, il faudra toutefois défendre ce rang à Saint-Etienne pour se préserver d'un éventuel retour de Valenciennes. Les Monégasques qui ont maintenant l'esprit libre n'ont plus qu'à se consacrer à cette tache, tout en retenant tout de même la leçon de samedi soir où l'équipe mit près de 30' pour entrer dans la partie.
La première période fut fort laborieuse et sans la dextérité de Ruffier, il ne faut pas oublier que les Icaunais auraient pu mener au score.
« Ils ont eu effectivement deux ou trois opportunités, reconnaissait Ricardo, alors que nous étions en grandes difficultés ». Le déplacement des trois attaquants et surtout des milieux auxerrois - souvent en surnombre, - brouilla la lecture du jeu des Monégasques. « Trop larges dans le marquage et pas bien dans le jeu durant cette mi-temps très moyenne nous nous sommes tout de même procurés nous aussi quelques occasions avant la pause » ajoutera le coach.
Après la pause, effectivement le replacement à la fois de Meriem dans l'axe et de Fabio Santos un peu plus haut stabilisa grandement l'ensemble et avec l'entrée de Menez, la partie changea d'âme. Même peut-être encore à 60 % physiquement, l'international espoir a apporté de la vitesse de la percussion, même s'il n'a pas réussi à marquer (il s'en sera fallu de très peu de choses à deux reprises) il délivra une superbe louche décisive pour Nenê (5e but).
Bakar enlève un poids
Les autres auront donc, pour une fois achevé l'ouvrage. Bakar tout un symbole qui décoinça la partie en réussissant malgré sa petite taille à inscrire son premier but en L1 de la tête s'il vous plaît au nez et à la barbe de Riou sur un coup franc ciselé de Nenê qui s'accroche à son titre de meilleur passeur (10).
Meriem revenu enfin à son meilleur niveau et à un poste plus en adéquation paracheva le score sur une frappe limpide de plus de 25 m. De son banc Fernandez ne put que constater les dégâts.
Son équipe malgré tout sauvée, il regretta surtout que l'AJA ait autant laissé échapper la possibilité de remporter cette rencontre. « Nous avons eu la maîtrise du jeu en première période et la possibilité de mener 1 voir 2-0. Hélas on ne l'a pas fait ! Ensuite, comme cela nous est arrivé bien souvent durant la saison on a encaissé ce premier but en début de seconde période l'équipe a craqué psychologiquement. Nous avons essayé de pousser mais sur les contres monégasques c'était difficile ». Il a bien remplacé un défenseur par un attaquant pour essayer de recoller au score, mais rien n'y fit.
En laissant trop d'espaces les Bourguignons se sont exposés à deux nouveaux contres meurtriers et encore l'ASM aurait pu en mettre un 4e. Ce qui aurait paru très payé cependant sur l'ensemble de la partie.