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Nice-Matin

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samedi 17 mai 2008

Les trois braqueurs du Monoprix de Nice en appel à Draguignan

S'ils ont fait appel de leur condamnation le 6 septembre dernier par les assises des Alpes-Maritimes, pour leur tentative de braquage au Monoprix de la place Garibaldi et l'ouverture du feu sur un policier, Anice Chihi, Xavier Afoy et Fayçal Keffane ont indiqué hier aux jurés varois que c'était en raison de la lourdeur des peines qui leur avaient été infligées.

Respectivement condamnés à douze, quinze et vingt ans de réclusion criminelle, les trois jeunes gens ont confirmé que sur le fond, ils reconnaissaient globalement les faits commis le 8 février 2005, tous étant alors âgés d'une vingtaine d'années. Fayçal Keffane, qui répondait seul de la tentative de meurtre sur agent de la force publique, a cependant précisé qu'il n'avait pas tiré volontairement un coup de fusil de chasse : « C'était un tir accidentel. » Cernés par la police Pris en flagrant délit au petit matin, lors d'une opération qui avait nécessité l'intervention du GIPN, les trois jeunes Niçois ne pouvaient faire autrement que d'admettre leur culpabilité. D'autant qu'ils avaient été identifiés par l'employé du magasin, agressé vers 4 heures du matin au moment où il sortait les poubelles du bâtiment désert. Frappé par Anice Chihi d'un coup de crosse sur la tête, balafré au cutter par Xavier Afoy, qui lui avait ensuite cassé le nez en le rouant de coups alors qu'il tentait de s'enfuir, le malheureux aurait de toute façon été dans l'impossibilité de leur fournir les clefs du coffre qu'ils cherchaient. L'encerclement du magasin par la police, alertée par un appel anonyme pour un braquage en cours, avait sonné l'heure de la débandade. Les deux premiers policiers qui avaient pénétré dans les lieux avaient été confrontés, au détour d'un couloir du premier étage, à Chihi et Keffane, armés de fusils de chasse. C'est à ce moment que le coup de feu avait été tiré, l'un des policiers, à découvert, se jetant au sol pour éviter la gerbe de plombs. Les deux jeunes avaient été retrouvés un peu plus tard, coincés dans un monte-charge. Quant à Afoy, qui avait tenté une fuite par les toits, il avait finalement été retrouvé par le GIPN, caché dans une cour intérieure où il était tombé. Pour se payer des sports d'hiver De leur propre aveu, les jeunes avaient expliqué qu'ils avaient décidé de “ monter au braquage ” parce qu'ils avaient besoin d'argent pour se payer des vacances au ski et quelques vêtements de marques. Pourtant, d'après ce que montraient leurs dossiers de personnalité, Anice Chihi et Fayçal Keffane travaillaient, le premier au service de nettoiement de la ville de Nice, le second comme chauffeur à mi-temps pour conduire des enfants handicapés à leur école. Seul Xavier Afoy était oisif, entre deux incarcérations pour cambriolages, après des études interrompues à 17 ans. « Les vols à la portière ça ne rapporte rien, et pour les cambriolages il faut avoir un plan », avait-il expliqué à l'expert psychologue, frappé par le détachement avec lequel il lui avait raconté les faits, « comme si c'était une aventure de bande dessinée ». Les trois jeunes s'étaient connus dix ans auparavant, dans le quartier niçois de Bon Voyage. « Un quartier très difficile, où ces jeunes vivent dans la frustration et fantasment un peu leur vie », a expliqué le directeur d'une association d'entraide. Les débats reprendront lundi au palais de justice de Draguignan.
G. D.
Nice-Matin

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