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Nice-Matin

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dimanche 18 mai 2008

Cannes - Mandelieu : il maltraitait son fils depuis huit ans

 Scolarisé au collège des Mûriers à Cannes-La Bocca, le garçon faisait régulièrement deux heures de marche pour se rendre de son domicile à l'établissement scolaire. C'est en s'évanouissant en plein cours, mardi dernier, que les policiers ont découvert les actes de maltraitance infligés par le père.<br />  :  Photo Patrick Clémente Scolarisé au collège des Mûriers à Cannes-La Bocca, le garçon faisait régulièrement deux heures de marche pour se rendre de son domicile à l'établissement scolaire. C'est en s'évanouissant en plein cours, mardi dernier, que les policiers ont découvert les actes de maltraitance infligés par le père.
: Photo Patrick Clémente

Il n'avait rien mangé. Mardi dernier, Boris (1) 14 ans, s'est évanoui en plein cours. Conduit d'abord à l'infirmerie de son collège, Les Mûriers à Cannes-La Bocca, il a été ensuite transporté au centre hospitalier de la ville. L'établissement scolaire a alerté la police.

Les enquêteurs de la sûreté urbaine du commissariat de Cannes ont alors découvert l'existence humiliée de ce garçon, issu d'un milieu aisé.

En état de dénutrition

À l'hôpital, le collégien a raconté son calvaire. Il effectuait régulièrement le trajet à pied entre le domicile familial, une belle villa située sur les hauteurs de Mandelieu, et le collège à La Bocca, soit deux heures de marche. Ses repas étaient chiches. Il est d'ailleurs dans un état de dénutrition.

Puis quand il arrivait le soir chez lui, son père, un ancien ingénieur de la ville de Nice, âgé de 60 ans, l'enfermait aussitôt dans sa chambre. « Plutôt une cellule » selon un des policiers ayant perquisitionné la villa. La chambre était installée à l'entresol, juste après le garage. Elle était constituée d'un lit en mauvais état, garni de draps sales. Un évier noir de crasse servait à la toilette du garçon.

Enfin, une chaise permettait à l'adolescent d'uriner par la fenêtre, située en hauteur. Depuis un mois, il n'avait le droit de quitter ce lieu sordide qu'au matin, quand son père lui ouvrait la porte pour se rendre en classe.

Depuis la mort de sa mère, il y a 8 ans

Mais le martyre de l'enfant aurait commencé bien avant, au décès de sa mère, il y a 8 ans. Il semble qu'il soit alors devenu le souffre-douleur de son père. Pour quelle raison ?

L'adolescent aurait subi des violences épisodiques pendant plusieurs années : coups de balai, de pied, douches froides... Les maltraitances physiques auraient cessé à l'arrivée de la nouvelle épouse de son père en octobre 2007. Mais les humiliations auraient continué : le garçon, qui était très mal nourri, avait été installé dans sa " cellule " de l'entresol.

Ses deux frères, âgés de 17 et 11 ans, ainsi que les deux filles de sa belle-mère, n'ont apparemment jamais eu à subir les brimades paternelles.

Le père écroué

Le collège avait déjà alerté les services sociaux et signalé que Boris, d'apparence chétive portait toujours les mêmes vêtements, sales et puants. Une première enquête de gendarmerie effectuée en 2006 n'avait débouché sur rien de concret.

Vendredi soir, la justice, estimant les faits graves, a mis le père de l'enfant en examen pour « violences habituelles sur mineur » et l'a placé en détention provisoire.

Le garçon détruit et dévalorisé, à qui on répétait sans cesse qu'il « était le plus con de la famille », devait être placé dans un foyer, comme ses deux frères.

1. Le prénom de l'enfant a été volontairement changé.

Nice-Matin

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