Le hall des expéditions de «Nice-Matin» transformé en salle de concert pour les « Percussions de Strasbourg ». : Patrice Lapoirie Pour une surprise ce fut une surprise !
Hier s'est déroulée la journée-événement du festival du « Printemps des arts » de Monaco, celle que les mélomanes attendent chaque année avec impatience et curiosité, celle du « concert surprise ».
Le principe de l'opération est aussi simple qu'original : les auditeurs ne connaissent à l'avance ni le lieu, ni les artistes, ni le programme du concert ! Seul leur est indiqué le point de rendez-vous de départ. Ils sont ensuite amenés en cars à l'aventure.
Deux lieux de départ, hier, à Monaco et à Nice. Six bus ont été assaillis par trois cent cinquante mélomanes de tous âges. Les benjamins : deux frères mentonnais de 12 et 9 ans, Eliott et Jérémie, lesquels avaient goûté l'expérience il y a deux ans.
Première étape
Première étape, hier : la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. Là, dans la cour Giacometti, qui s'ouvre sur la nature et les paysages méditerranéen, une pianiste nommée... Wagner (prénom Vanessa) interpréta des « Etudes » du grand compositeur contemporain Dusapin.
Musique minimaliste, hiératique, hermétique ou sentimentale - c'est selon. L'air du printemps accueillait ses harmonies insolites. Enfin, la jouissance d'entendre du Dusapin à l'ombre des grands pins !...
Seconde étape
Seconde étape et c'est là que la surprise devint énorme : le grand hangar de... « Nice-Matin ». Là où chaque soir, sortent en cascades les dizaines de milliers de journaux avant d'être chargés dans les camions de livraison, avaient pris place le public ainsi que l'ensemble de percussions le plus célèbre du monde : les « Percussions de Strasbourg ».
Auditoire, artistes ainsi que Marc Monnet, directeur du « Printemps des arts » et inventeur des « concerts surprises » furent accueillis par le président-directeur-général du groupe « Nice-Matin », Jean-Paul Louveau.
Pendant près d'une heure, les « Percussions de Strasbourg » embrasèrent de lieu de sonorités étourdissantes, vertigineuses, tonitruantes, obtenues sur des sylphones, marimbas, grosses caisses, timbales ou... plaques de tôle, jaillies de la partition des « Pléiades » de Xenakis.
Véritable ovation
« Soyez percutants, nous réclame quotidiennement notre rédacteur en chef, trois étages au dessus ! »
Hier, il fut servi comme jamais.
Ovation du public à la fin.
« C'était super, clamaient Eliott et Benjamin dans un grand élan d'enthousiasme ».
Les adultes avaient l'air heureux, aussi.
Notre quotidien « Nice-Matin » venait d'accueillir son premier concert.
Il s'en souviendra.
Nous aussi.
Au fait, à l'intention des passionnés, c'est est-ce cela qu'on appelle « Vivre la musique au quotidien ? »